
Programme
Du Candidat Mohamed Khouna Ould Haidalla
Après
45 ans de monolithisme, marqués, entre autre par :
-
Le
pouvoir personnel ou celui du parti unique
-
La
transformation de l’administration en outil d’embrigadement politique.
-
L’aiguisement
des réflexes identitaires ramenant les populations vers les contradictions
verticales ; Tribalisme, ethnisme, racisme, régionalisme.
-
La
paupérisation conséquente à l’application systématique d’un mercantilisme de
privilèges concentrant les revenus et désarticulant l’économie par un
libéralisme sauvage atténue artificiellement le développement d’un secteur
informel déstructurant.
-
L’organisation d’un transfert permanent de la
richesse par l’inflation et les dévaluations institutionnelles, et ce au profit
des dignitaires et au dépends des masses.
-
Ces
dernières années, le système a atteint sa « perfection » en réduisant
les populations à des assistés cultivant un clientélisme fidèle à un privilégié.
Plus de 80 % des Mauritaniens ont moins de 45
ans, étant nés sous le monolithisme – c’est l’école du clientélisme qui a
façonné toutes ces générations.
C’est l’école qui a tué tous les rêves et tous les
espoirs. C’est l’école de la démission des masses, mais surtout celle des
élites qui ont préféré servir et bien
servir les Tyrans plutôt que leur peuple.
Devant cette situation, une certaine frange de
l’armée a « squatté » l’espace politique pour s’ériger en pouvoir,
mettant fin au parti unique à une époque, monarchisant le monolithisme dans une
autre époque, s’érigeant en sauveur dans une troisième.
Servir les Mauritaniens c’est non seulement les
écouter mais aussi veiller à leurs droits, à leur dignité, à leur sécurité, à
les assurer d’un toit et d’un revenu, à leur liberté, à leur propriété, à leur
santé, à leur éducation, à leur statut dans le monde, à leur arabité, à leur
africanité.
Mon objectif est de sortir le Mauritanien des ghettos
de la pauvreté et des identités pour l’amener vers l’espace de citoyenneté garanti par un Etat de droit.
Notre pays est devant plusieurs défis dont les plus
importants sont :
-
L’éclatement
devant le développement des idées identitaires
-
Les
nouvelles lectures de l’Islam, très éloignées de nos pratiques millénaires
léguées par la plus grande épopée de
l’histoire musulmane, celle des almoravides – pratiques entretenues par les ouléma
du Chinguitt et du Fouta qui ont islamisé l’Afrique et mené des Jihad contre
l’envahisseur colonial
-
L’immigration
avec ses effets économiques, socio-culturels et politiques – qu’elle soit du
Nord ou du Sud
-
L’instabilité
régionale
-
L’aliénation
culturelle et le dépérissement des valeurs.
-
La
mondialisation et sa spécialisation verticale.
-
L’ère
pétrolière.
-
La paupérisation des masses
-
Les
pandémies « Paludisme, Sida… »
-
La
désertification et les risques de pollution des fonds marins par l’exploitation
Offshore du pétrole.
Face à un tel constat, j’ai décidé de me présenter
aux élections présidentielles pour mettre en œuvre un projet de société
ambitieux qui s’articulera autour de quatre grands axes.
-
Les valeurs
et la citoyenneté.
-
La société.
-
L’économie –
Répartition des Revenus.
-
L’Etat et
Les valeurs et la
citoyenneté
Pour notre population foncièrement
croyante, l’Islam a toujours représenté la vie dans notre communauté, à l’abri
des influences, de la corruption de la cité, gardant sa pureté originelle.
Notre peuple a été le premier missionnaire de l’Islam en Afrique, mission
éternelle portée encore par nos marabouts et nos commerçants. L’Islam demeure
le ciment de notre unité. Il est pour nous synonyme de science, de tolérance et
de progrès.
Citoyenneté
Fort des valeurs de l’Islam, L’homme
mauritanien doit s’acquitter de ses devoirs et profiter de ses droits, pour
être un citoyen à part entière.
Le citoyen doit non seulement œuvrer
pour l’unité du pays dans ses différences, mais il doit aussi livrer un combat
permanent au service de la justice sociale fondée sur l’équité et l’égalité
entre tous les Mauritaniens. L’égalité des chances devant les opportunités doit
être offerte à tous après qu’ils aient été formés, éduqués, encadrés, soignés,
protégés dans les mêmes conditions ; Tel est le rôle de l’Etat.
L’unité nationale garantie par la citoyenneté sera renforcée aussi par
la solution définitive de tout passif légué par l’ancien régime, conformément à nos traditions de justice et de tolérance.
.
Démocratie
La démocratie doit être adaptée à
l’environnement social et canaliser les ambitions du citoyen.
La démocratie est un acquis dans notre
pays garanti par la constitution, c’est le mode
de gouvernement qu’ont choisi les Mauritaniens dans leur majorité. Après
15ans d’expérience, je considère qu’il est nécessaire de faire des
aménagements, afin que cet outil soit plus proche de nos mentalités.
En effet, la démocratie pluraliste
n’existe que quand les différences de visions s’expriment dans l’institution
parlementaire. Il ne peut pas y avoir un pluralisme politique dans une
assemblée nationale monocolore.
Des
études seront menées pour la mise en place d’un système de scrutin assurant la meilleure représentativité à notre peuple.
Dans
le cadre de la réforme de la constitution, que je propose, il sera mis l’accent
sur :
.
La société
Dans
le cadre de l’organisation de la société, l’accent sera mis sur la famille,
l’éducation, les cultures, le travail et l’environnement.
Famille
Pour
endiguer les égoïsmes socialement suicidaires. Je considère que la cellule de
base de la communauté, organe dynamique et constructeur, est la famille.
Dans notre société, la femme reste l’axe
principal de la cellule familiale, autour duquel s’organise le passage de
relais entre les générations. Les femmes représentent 51,7% de la population
mauritanienne.
Vu leur rôle déterminant, la femme et
l’enfant doivent représenter le premier objectif de la solidarité sociale.
Toute politique économique viable doit se fixer comme premier objectif, le logement
et le revenu permanent pour le bien être familial.
Les mères abandonnées doivent faire l’objet
d’une priorité de couverture sociale tout en établissant une modulation des
priorités en fonction de l’âge et du nombre d’enfants.
L’emploi des femmes doit faire l’objet d’une
action volontaire dans le cadre d’une politique économique géographiquement
bien répartie.
Un
code de la famille sera élaboré pour veiller sur sa pérennité, éviter les
divorces abusifs et protéger les enfants.
Education et cultures
De civilisation Islamique,
En effet, les cultures qui existent dans ce
pays (Arabe, Pulaar, Soninké, Wolof) s’interpénètrent et se complètent.
Facettes d’une même civilisation islamique, les cultures mauritaniennes
enrichissent un patrimoine civilisattionnel commun, qui fait la différence
entre un Arabe Mauritanien et un Arabe Marocain, entre un Poulaar ou un Soninké
ou un Wolof Sénégalais, Malien ou Guinéen.
Je me fais le défenseur du renforcement
de la dynamique d’interpénétration culturelle, garante du renforcement de notre
unité nationale.
J’œuvrerai pour l’unification des modes
d’enseignement sur le territoire national.
Sans complexe, une langue étrangère, doit
être maintenue et renforcée comme un outil d’ouverture et d’accès aux grandes
technologies. En conséquence l’école sera bilingue dans le primaire.
Pour une meilleure cohésion sociale au
sein des nouvelles générations, un retour aux internats doit être envisagé dans
nos établissements.
L’éducation,
la connaissance quelle procure, doivent garantir le travail. Ce qui nous oblige
à remodeler l’école mauritanienne du primaire à l’université en fonction de la
dynamique et des perspectives de notre économie nationale.
Travail
Le droit au travail doit être considéré
comme un doit fondamental garanti par la société au citoyen mauritanien.
L’Etat
doit s’organiser afin de créer les opportunités d’emploi nécessaires aux
individus ayant atteint l’âge de travailler. Pour cela une croissance
permettant l’absorption des demandeurs d’emploi doit être maintenue au niveau
de l’économie nationale.
Dans
la phase actuelle, un effort de croissance de l’économie, largement supérieure
à la croissance démographique doit être maintenu pendant 10 ans pour absorber
l’ensemble de la population active non employée. Cet effort passe
obligatoirement par la formation afin de pouvoir insérer socialement les non
actifs dont la majorité ne peut être considérée en chômage. En effet, pour être
chômeur, sur le marché de l’emploi, il faut être offreur d’un savoir faire.
IMMIGRATION
Devant
les défis pétroliers, et ceux de notre faible population, le gouvernement
établira un politique d’immigration respectant nos engagements internationaux
mais protégeant notre société. Les axes principaux de cette politique porteront
sur :
L’économie
Fondement économique de
notre programme
Si
l’économie de marché reste l’axe fondamental de notre option, le libéralisme
pratiqué dans notre pays jusqu’à présent nous semble anachronique, sans âme,
sans réelle volonté politique pour que l’Etat puisse apporter les correctifs
nécessaires en faveur des plus faibles.
En
effet le libéralisme pratiqué chez nous a favorisé :
-
le
transfert du monopole de l’Etat vers le privé.
-
la
concentration excessive et privative du revenu national creusant encore plus le
fossé entre riches et pauvres.
Les
privatisations sont alors apparues ainsi comme un élément moteur d’une double
paupérisation, non seulement en enrichissant les riches mais aussi en
augmentant le chômage dans un premier temps par la déflation des employés dans
les entreprises privatisées.
La
non application de la loi sur la concurrence, l’absence d’encadrement de la
stratégie libérale, la pression politique et clientéliste de l’organisation de
certains syndicats de patrons, la démission de la banque centrale quant à
l’encadrement du crédit, du contrôle des banques primaires et la fragilité
générale de l’économie nationale, tous ces éléments, en faussant les objectifs
des privatisations renforcent la concentration des richesses nationales aux
mains de quelques uns et accélèrent le processus de paupérisation de larges
masses
C’est
pourquoi, et malgré une croissance soutenue ces dernières années, en l’absence
d’augmentation substantielle des salaires, cette croissance n’a profité pour
l’essentiel qu’à une partie très restreinte de rentiers.
Notre
projet économique vise à réduire au mieux et le plus rapidement la pauvreté
dans le pays et l’élargissement de la classe moyenne.
C’est
pourquoi nous croyons qu’en économie de marché à gestion saine l’Etat doit initier, orienter et encadrer la stratégie
de développement économique.
Etat Encadreur
Le
gouvernement est l’initiateur de la stratégie de développement de l’économie
nationale. Il doit en fixer les objectifs.
La
nécessité de l’élargissement régional de la base des investissements rend
incontournable la mise en place d’une banque
nationale populaire dont le conseil d’administration et les conseils de
crédit sont régionalisés, ce qui permet de mieux encadrer les investissements
régionaux.
L’équité
fiscale doit permettre de relancer notre économie en favorisant :
-
Les
petits producteurs
-
Les
activités créatrices d’emploi
-
La
solidarité sociale
-
Les
régions les plus défavorisées
Le
taux d’intérêt, levier essentiel de la politique d’épargne et d’investissement
doit être géré en fonction des besoins de l’économie dans sa globalité et des
stratégies sectorielles définies par le gouvernement.
Les
systèmes islamiques de gestion de crédit seront encouragés afin de mieux
adapter les pratiques bancaires à nos réalités sociales.
L’équilibre
budgétaire qui était une nécessité ne doit pas être un déflateur de
l’investissement public ou de la création d’emplois.
Le
budget, unique moyen financier de l’Etat, doit servir la solidarité sociale.
L’Etat doit assurer une couverture sociale au profit des démunis et ce, en
particulier pour les femmes abandonnées, les enfants et les vieillards.
La
couverture sociale du citoyen mauritanien démuni est le seul garant à terme de
l’effritement du comportement tribaliste. En effet, la tribu reste aujourd’hui
la seule garantie en matière de solidarité sociale.
Si
l’esclavage a été juridiquement aboli, il n’en reste pas moins que ses
séquelles sont uniquement d’ordre économique. Pour passer de l’état social de
propriété à l’état social d’homme libre ; il faut obligatoirement que
l’ancien esclave soit propriétaire. Une politique sociale soutenue dans le
temps doit être menée dans ces zones pour permettre l’accession des anciens
esclaves à la propriété et leur autonomie économique. Il faut qu’ils deviennent
des citoyens à part entière pouvant contracter des dettes et possédant un
patrimoine.
Emploi
Une
meilleure répartition du revenu national passe obligatoirement par une
politique conséquente de l’emploi en Mauritanie. Elle doit être l’objectif
primordial dans toute action économique soutenue par une volonté politique
claire. Dans sa situation actuelle, le gouvernement doit veiller à une
politique économique de forte croissance permettant la résorption du chômage.
Cette politique passe obligatoirement par la formation et l’accélération, l’augmentation
et la décentralisation des investissements.
Par
la fiscalité, par la modulation des taux d’intérêt, des facilités
administratives et des objectifs budgétaires productifs, l’Etat doit favoriser
la création d’emplois. Au-delà de l’objectif d’enrayer le chômage.
La
gestion économique passera par une bonne gouvernance dont l’objectif est d’optimaliser
la production des biens et des services, tout en veillant à rationaliser
l’exploitation de nos ressources.
L’Etat
sortira de son statut de démissionnaire pour entrer dans celui d’initiateur,
d’encadreur, de régulateur, de formateur, de prestataire, de facilitateur, de
bailleur de fonds parfois et de planificateur de grands objectifs. Il doit
veiller à la performance de plusieurs indicateurs : Le niveau de l’emploi,
l’harmonisation de la formation avec les besoins du marché du travail, le
pouvoir d’achat, la répartition du revenu, la répartition du crédit à
l’économie.
L’Etat
dispose d’un ensemble de leviers qui lui permettent de jouer pleinement son
rôle de régulateur et d’accélérateur de l’économie : le taux d’intérêt, la
fiscalité, la politique monétaire avec la discrimination spatiale et
sectorielle du crédit, le taux de
change, le financement des infrastructures, le code des investissements, les
services administratifs, la régionalisation, etc.…
1er Objectif : La répartition des revenus
La concentration des revenus a été la
conséquence d’une politique de paupérisation quasiment programmée. L’inflation,
les dévaluations successives, la baisse en terme réel des salaires, le
désengagement de l’Etat, le détournement de la politique de crédit par la
démission de
Cette situation a été constatée par le régime déchu à
telle enseigne que fut lancé un
programme de lutte contre la pauvreté dicté par l’urgence et sous la pression
de la banque Mondiale.
A nos yeux, cette action louable, ne peut en aucun
cas se substituer à une vraie politique de répartition des revenus.
La lutte contre la pauvreté dont l’objectif est de
crever les poches de pauvreté, relève de la solidarité sociale. Elle ne peut en
aucun cas être le moteur d’une politique économique de répartition équitable
des revenus d’autant qu’elle a été utilisée comme outil au service du
clientélisme politique et de mobilisation pour le parti - Etat.
La répartition équitable des revenus, c’est faire profiter
toute la population des fruits de la croissance et de la richesse dont dispose
le pays.
Une répartition équitable des revenus ne peut reposer
que sur une politique économique axée sur la création d’emplois, l’universalité
des services sociaux et la sécurité sociale.
-
Création
d’emplois
Notre politique se fixera comme objectif de créer
300 000 emplois en 4 ans et de créer les conditions d’absorbation de
45 000 Emplois par an à partir de la cinquième année.
Cette action doit permettre d’approcher le plein
Emploi en 12 ans.
Les emplois seront crées dans les secteurs
porteurs : mines, pétrole, industrie et pêche, agriculture, l’élevage, les
BTP et la décentralisation régionale.
-
L’accès
aux services sociaux sera assuré sans discrimination en particulier pour
l’enseignement et la santé. L’enseignement
et ses prestations sanitaires gratuits pour tous. Tous les médicaments seront
subventionnés de façon discriminatoire en les divisant en 5 catégories. Les
médicaments relatifs à certaines grandes pandémies seront supportés par l’Etat
( Sida, Paludisme, Tuberculose…)
Les études seront gratuites et les élèves auront une
bourse de 3000 UM ; les deux dernières années du secondaire (2 années sans
redoublement) ou le droit de prise en charge dans un internat.
Les étudiants disposeront d’une bourse de 12 000
UM (Deug) et de 15 000 UM après le DEUG. Pour le troisième cycle ; la
bourse augmentera de 20٪
Chaque 4 ans, les bourses universitaires sont
reconsidérées sur la base de l’inflation.
Pour la gestion des œuvres universitaires, un
organisme sera crée, il sera dirigé par un conseil composé de 40٪ d’étudiants ; de 40٪
de professeurs et de 20٪ de
l’administration.
Pour l’enseignement privé, un conseil de surveillance
sera crée pour le suivi des programmes et du déroulement des études.
-
Sécurité
sociale pour tous
Pour que le sécurité sociale joue pleinement son
rôle, les Mauritaniens adultes doivent disposer d’un N° de sécurité sociale
qu’ils soient contribuables ou assistés – ce qui permet non seulement une
meilleure gestion des assistés, mais aussi de suivre l’évolution du marché du
travail.
Le rôle de cette sécurité à plusieurs opérateurs est
de couvrir les non salariés :
-
Les
retraités doivent profiter d’une retraite mensuelle égale au moins au SMIG pour
les plus petites, les plus importantes seront plafonnées.
-
Les
chômeurs, disposeront soit du SMIG ; pour ce qui n’ont pas encore
travaillé, les autres auront 40٪ de leur
dernier salaire sans tomber en dessous du SMIG. Cette allocation ne peut
excéder trois mois. Elle ne peut être
octroyée aux démissionnaires et aux cadres supérieurs ayant déjà exercés.
-
Une
allocation de 2500 UM/enfant est octroyée aux mères divorcées à partir du
troisième enfant jusqu’au sixième.
-
Un
fond d’appui aux veuves et orphelins sera crée. Il sera financé par une
allocation de l’Etat et par les dons et legs contre parties, licences de
certains métiers.
-
Les
handicapés incapables d’être insérés dans les secteurs productifs jouiront
d’une allocation d’autonomie.
-
Les
personnes âgées abandonnées seront recensées et assistées tout en favorisant le
regroupement dans des centres ou le placement auprès de famille.
La couverture sociale de tous ces pans de la société
créera à terme une dynamique de détribalisation, favorisant l’émergence d’un
citoyen attaché à l’Etat, à la nation.
C’est l’expression d’une solidarité supérieure et
anonyme faite de dignité.
-
Pouvoir
d’Achat
La répartition passe par un suivi et un appui au
pouvoir d’achat. Pour ces raisons trois actions seront menées
simultanément :
-
La
définition d’un panier réaliste de la ménagère. C'est-à-dire un suivi de
l’inflation par l’établissement d’une structure de formation des prix, une organisation
et un encadrement du circuit de distribution. L’inflation interne sera
maîtrisée par une régulation de l’offre. L’inflation importée sera gérée par un
bon système de ravitaillement, une bonne politique monétaire et une lutte sans
merci contre la spéculation.
-
La
défiscalisation des produits de première nécessité non produits sur place (
Riz, huile, céréales, sucre…) importés
et le soutien des produits nationaux. Les intrants agricoles et ceux de
l’élevage seront soutenus à certaines périodes de l’année.
-
Le
pétrole contribuera à une meilleure répartition et à un soutien du pouvoir
d’achat par la baisse des coûts énergétiques et des coûts de transport (défiscalisation
et uniformisation du prix des hydrocarbures sur tout le territoire National).
-
La
mise sur pied d’une politique régionalisée de logement et de lutte contre
l’urbanisation sauvage à caractère tribale.
-
Une
politique de mise à niveau soutenue pendant 10 ans dans les Adwaba. Cette
politique d’émancipation a pour objet de créer des revenus autonomes brisant
tout lien de dépendance.
-
L’indexation
des salaires sur le taux de croissance moyen en tenant compte du taux de
croissance démographique afin que cela soit une augmentation réelle. Pour
réussir ces objectifs sociaux d’une répartition équitable des revenus, la
politique sectorielle doit pouvoir soutenir l’ensemble de ces actions.
-
Seule une coordination du développement sectoriel
peut permettre une harmonisation de la dynamique économique.
•
Le Secteur Pétrolier
Le pétrole sera pour les 20 prochaines années la
locomotive de l’économie du pays. Pour qu’il joue ce rôle, faudrait-il avoir
une politique harmonieuse qui crée les passerelles entre ce secteur et le reste
de l’économie nationale?
Ayant débuté de façon anarchique, l’Audit de
l’existant parait être une nécessité afin d’harmoniser l’exploitation et
d’optimaliser la gestion rationnelle de ce secteur.
C’est dans cet esprit que nous nous proposons de
placer le Pétrole au centre de notre action sur l’économie.
Les recettes pétrolières ne sont pas un objectif en
soi et ne suffisent pas pour faire jouer à ce secteur un rôle de locomotive – à elles seules elles
sont dangereusement inflationnistes donc paupérisantes et destructrices du
tissu productif au profit des produits importés.
Il faut absolument créer des passerelles avec les
autres secteurs – cette politique pétrolière passe par :
-
La
transformation sur place, ce qui multiplie nos recettes par 5,6 ; car le
coût du pétrole brut ne représente que 16% du coût du produit fini.
Pour cela une raffinerie au moins est nécessaire en
tenant compte des données actuelles car seules les raffineries traitant plus de
30 000 barils sont rentables. Les parts revenant à l’Etat seront cédés en
priorité aux raffineries locales au prix du marché international. L’existence de
raffineries locales permet :
-
Le
ravitaillement du marché local à un prix discriminatoire favorisant la baisse
des coûts pour l’industrie, l’agriculture et le transport. Cette indépendance
énergétique donne un levier important à l’Etat pour favoriser notre industrie
et sert d’appât aux investisseurs dans les secteurs consommateurs d’énergie.
Le raffinage nous permettra d’approvisionner les
marchés de certains pays enclavés.
La baisse du coût de l’energie due au raffinage est
l’une des origines des fluctuations des prix, ce qui rend beaucoup
d’investisseurs disposés à financer entièrement les raffineries sans endetter
le pays et sans engager ses moyens qui peuvent lui servir dans d’autres
domaines.
• La liquéfaction du gaz
La transformation du gaz doit être une priorité, car
le gaz peut nous permettre une meilleure industrialisation et aider à résoudre
certains grands problèmes d’environnement.
L’industrie gazière doit nous permettre en
particulier de produire l’électricité la moins chère sur le marché. Cette
électricité permettra le ravitaillement et favorisera les industries, en
particulier celles grandes consommatrices d’énergie – ce qui permettra une
certaine délocalisation au profit de notre pays, créant ainsi de nouveaux
emplois.
L’excèdent d’électricité sera exporté vers les pays
voisins.
Les sous produits de gaz seront exportés et la butane contribuera à endiguer la
déforestation.
Le gaz devra servir à terme à contribuer à la
transformation sur place de certains minerais en particulier le fer.
• Les recettes Pétrolières
Les recettes Pétrolières et gazières doivent servir,
à titre indicatif, en priorité pour 40% à la création d’infrastructures dignes
d’un pays moderne, 20% au développement régionale et sectoriel ( Elevage,
Agriculture, Industrie, Pêche, Pétrole et Mines), 20% au développement social,
10% aux générations futures et 10% au développement à la base, lutte contre la
pauvreté et financement des ONG.
Les clefs de répartition seront déterminées
annuellement dans le budget pour donner une souplesse de régulation au
gouvernement.
Les Mines
Les indices miniers sont probants, mais la politique
en la matière a été très opaque, depuis l’épopée du cuivre et des terres rares,
jusqu’à celle de l’or et du diamant. Un audit sera le bienvenu pour déterminer
une politique transparente en la matière.
Pour pouvoir faire profiter le pays de ces richesses,
le secteur de recherche doit être soutenu par son équipement, son renforcement
humain et une dotation financière capable de lui permettre de réaliser des
objectifs fixés annuellement dans le cadre d’un programme quinquennal glissant.
La priorité doit être mise sur les zones
non explorées de l’Est et du Sud, tout en confirmant la faisabilité des
découvertes dans le Nord.
La gestion rationnelle des ressources minières doit
se donner pour Credo la protection de l’environnement.
Les évaluations des mines à exploiter doivent être
pré déterminées pour définir un rythme de production.
L’Etat et l’exploitant doivent veiller à la
diversification des activités – dans les villes minières pour éviter leur
disparition après l’exploitation des mines – Un fonds de diversification doit
être crée et financé par les sociétés minières.
Pour harmoniser la politique de ce secteur, un
Conseil National des Mines sera crée pour réguler l’activité.
Pour chaque type de minerai, l’Etat veillera à ce que
la transformation sur place d’une partie de la production soit
programmée ; si elle s’avère fiable pour optimiser la valeur ajoutée.
Seule la faisabilité économique commandera ce genre d’option.
Les recettes minières doivent permettre le
développement de la recherche, et pour 10% favoriser la mise en place d’un fond
de diversification des activités.
Une attention particulière sera portée sur l’or et
surtout sur le diamant qui peut être exporté frauduleusement.
La gestion des carrières sera soumise à un cahier des
charges imposant un respect de normes écologiques et l’exploitation du cordon
dunaire maritime sera strictement interdite.
L’Industrie
L’industrie de substitution à l’import et les autres
PMI ; croulent sous le coût des intrants, en particulier énergétique.
L’Etat établira avec chaque unité un contrat de
relance et de mise à niveau ; avec un programme de productivité (Plan
financier, programme de production), il veillera à assurer à notre industrie
naissante une protection raisonnable qui tient des normes qualité et sécurité.
Dans le cadre de la politique du crédit, un
rééchelonnement sera étudié cas par cas et une
bonification des intérêts sera envisagée
en tenant compte d’une discrimination spatiale pour encourager
l’investissement à l’intérieur et dans les régions jusqu’ici négligées.
Les industries d’exportation jouiront d’un régime
spécial où la bonification tiendra compte du rapport du chiffre d’affaires
global avec le C.A. exporté et disposeront d’un vrai crédit à l’exportation.
Les intrants industriels jouiront d’un régime
douanier généralisé favorable défini annuellement dans la loi des finances.
Le B I C sera réduit à 20% et les bénéfices encouragés
à être réinvestis dans l’élargissement et
la modernisation des outils de production.
Ayant démarré sur de bonnes bases dés le début des années 80, le secteur de la pêche s’est
essoufflé ; les différentes « réformettes » entreprises
contribueront à le désarticuler de plus en plus.
Il est nécessaire de repenser ce secteur dans le
cadre d’une politique rationnelle libérale, certes mais encadrée, régulée et
planifiée :
-
Détermination
des zones de pêche par l’aménagement du territoire maritime (Pêche, pétrole,
transport, tourisme)
-
Spécialisation
exclusive :Pêche côtière, pêche de fonds, pêche hauturière.
• La pêche côtière réservée au ravitaillement des
usines à terre doit être spécifique à un artisanat qui doit se moderniser de
part ses outils et ses techniques de pêche.
• La
pêche de fonds doit subir une réforme radicale pour se débarrasser des
congélateurs au profit des glaciers.
• La
pêche Pélagique
Cette activité est particulièrement industrialisante
et doit faire l’objet d’une attention particulière et d’un développement
soutenu par l’Etat ; fiscalement et financièrement.
Ce développement passe par un encouragement de l’acquisition de cent senneurs sur 5 ans.
Leur production sera traitée dans les usines à terre ou sur des bases
flottantes.
Les congélateurs pélagiques doivent être limités à
une soixantaine, en tenant compte du développement de la pêche à la senne.
• La
pêche continentale
Cette pêche doit être favorisée par une aquaculture
soutenue par les autorités pour contribuer à la couverture alimentaire des
populations de l’intérieur.
Les expériences doivent être menées pour introduire
des espèces à chair (Ex : Tilapra et carpe) .
• La commercialisation dans le secteur de la pêche
débarquement.
Ayant initié moi-même la nouvelle politique de pêche
centrée :
-
La
création d’un armement national
-
Le
débarquement dans les ports Mauritaniens
-
La
suppression des licences
-
Les
investissements à terre
-
L’enseignement
obligatoire des marins nationaux
-
La
commercialisation
Je constate un tassement de l’activité.
Je reviendrai sur la réorganisation de ce
secteur :
-
Spécialisation
-
Retour
à une SMCP, garantissant les meilleurs prix.
Le système hybride actuel de
commercialisation doit être reformé pour redonner à
Des états généraux de la pêche doivent permettre de
déterminer l’optimum dans ce domaine.
Ce secteur doit absorber en 5 ans 70 000
travailleurs directement.
Les pirogues affrétées doivent faire travailler 4
mauritaniens par unité (au lieu de 6 étrangers).
Les pélagiques doivent embarquer 30 mauritaniens au
lieu de 16.
Les bateaux européens doivent embarquer 50% de marins
dont 20% sont en position de formation ou de stage.
Les marins débarqués doivent recevoir une indemnité
de 3 mois de salaire – ce qui ne manquera pas de stabiliser
« l’embarquement/débarquement ».
La qualité de marin se perd après cinq ans sans
embarquement.
L’Etat disponibilisera au moins 5 jetées (petits
ports) sur la cote entre Nouakchott et Nouadhibou.
La surveillance sera une priorité, mais portera
également sur les problèmes d’environnement.
L’aménagement des cotes et certains bassins
favorisera une pisciculture spécialisée.
La fiscalité et les droits seront allégés par
l’exonération de certains intrants, et des droits à l’exportation.
En fonction du type de navires, les droits de pêche
seront réduits pour les nationaux de 20 à 40%.
Le secteur profitera d’une réelle politique de
Crédit.
L’Agriculture
L’autonomie alimentaire consiste à cultiver des
produits dont la valeur financière couvre nos besoins. Ces produits doivent
avoir la plus grande valeur marchande pour assurer nos besoins alimentaires.
Les surfaces dont nous disposons doivent être réservées à des spéculations
pouvant générer la contre valeur de nos besoins.
Si nous ne sommes pas concurrentiels dans la
production du riz par exemple, ce serait un gaspillage de le produire.
C’est pour ces raisons économiques, que nous devons
favoriser et soutenir une diversification et un développement des produits
exportables dans les zones irriguées.
Par contre ; nous devons relancer dans les zones
de décrues et les zones pluviales ; les spéculations traditionnelles (Mil,
Sorgho, millet), tout en développant la recherche dans ce domaine.
Dans le domaine des exportations, en particulier vers
l’Europe, le développement des produits bio peut contribuer à favoriser la
rentabilité de notre production.
Le Crédit agricole sera entièrement reformé pour
profiter aux petits et moyens agriculteurs et des groupements d’intérêt
économique seront établis par village et par spécialité afin d’améliorer les
coûts et la distribution.
Le Crédit sera décentralisé et un fonds d’assurance
du crédit sera mis en place.
• Une réforme agraire sera mise en place pour
corriger tous les arbitraires et respecter les droits des autochtones.
Trois zones seront déterminées :
• Zone d’exploitation villageoise
• Zone de développement villageois
• Zone locative à long terme, à distribuer par
l’Etat.
La deuxième zone peut être locative à court et moyen
terme. Seule la 3eme zone, après
attribution définitive sous forme de titre foncier peut être hypothéquée ou
aliénée.
Les représentants des villages décident des
aménagements et des locations. Les fonds récoltés doivent alimenter une caisse
de crédit local (appui) sans intérêt géré par les GIE – une partie doit être
versée à l’assurance pour les autres crédits.
L’Elevage
Ce secteur n’a pas été intégré à l’économie nationale
malgré son importance pour les populations.
Il ne peut se développer, tant que son apport se
limite à une demande de consommation finale.
Sans encadrement, il est à la merci de toutes les
fluctuations pluviométriques.
Sans pouvoir renoncer à un élevage extensif, il faut envisager
une politique d’intégration pour développer à terme un élevage semi intensif.
Sans viser à régionaliser l’élevage, il faut établir
des zones de pâturage par une répartition rationnelle des points d’eau et une politique de répartition spatiale des
forages pour imposer aux nomades des circuits, ce qui allégerait la pression
écologique et endiguerait la désertification.
C’est dans cet esprit que l’eau et les ressources
animales doivent dépendre d’un même département ministériel.
L’intégration de l’élevage dans l’économie passe par
le changement de la nature de la demande de ses sous produits.
La demande pour une consommation finale doit céder la
place progressivement à une demande industrielle pour une consommation
intermédiaire. Pour cela, l’Etat favorisera la création d’abattoirs modernes
dans les deux Hodhs et l’Assaba ; des manufactures de traitements des
sous-produits : peaux, os, cornes, sabots, lait, beurre.
Des unités d’engraissage seraient établies sous forme
de fermes d’embouche, auprès des zones d’abattage.
Une politique d’exportation de viande sera élaborée
sous les labels Hallal – Bio.
Le développement de ces industries permettra de
valoriser les produits d’élevage et de réguler l’offre.
L’industrie dans ce secteur vital sera défiscalisée
avec l’établissement d’un taux unique de BIC à 5%.
La baisse des prix des hydrocarbures et des énergies
favorisera l’installation de ces industries.
Les services
• Le Commerce
Ce secteur emploie de façon quasi-informelle des
dizaines de milliers de Mauritaniens.
Désormais toute boutique doit disposer d’une patente
numérotée ( détaillant, grossiste, semi-grossiste). Seuls des Mauritaniens ou
des sociétés de droit Mauritanien exerceront ce métier. Les gérants doivent sur
la base des patentes être déclarés à la sécurité sociale. Une certaine
spécialisation sera encouragée.
Un conseil de concurrence, une inspection de qualité,
poids et mesures, seront mis en place tout en favorisant par zone ; les
organisations des consommateurs et en leur donnant un statut d’assistant aux
administrations citées.
Certains prix, tels ceux des hydrocarbures seront
uniformisés au niveau national.
Le temps de travail dans le commerce sera réglementé
pour éviter toute concurrence déloyale et diminuer les coûts sociaux de cette
activité.
- Assurer la sécurité par un système de gardiennage
obligatoire.
- Les souks
Les
souks sur les frontières et dans les régions seront organisés avec le concours
des municipalités pour les institutionnaliser et améliorer leur efficacité.