[Le Programme] Le Programme de gouvernance

Programme

Du Candidat Mohamed Khouna Ould Haidalla

 

Après 45 ans de monolithisme, marqués, entre autre par :

 

-          Le pouvoir personnel ou celui du parti unique

-          La transformation de l’administration en outil d’embrigadement politique.

-          L’aiguisement des réflexes identitaires ramenant les populations vers les contradictions verticales ; Tribalisme, ethnisme, racisme, régionalisme.

-          La paupérisation conséquente à l’application systématique d’un mercantilisme de privilèges concentrant les revenus et désarticulant l’économie par un libéralisme sauvage atténue artificiellement le développement d’un secteur informel déstructurant.

-           L’organisation d’un transfert permanent de la richesse par l’inflation et les dévaluations institutionnelles, et ce au profit des dignitaires et au dépends des masses.

-          Ces dernières années, le système a atteint sa « perfection » en réduisant les populations à des assistés cultivant un clientélisme fidèle à un privilégié.

 

 

Plus de 80 % des Mauritaniens ont moins de 45 ans, étant nés sous le monolithisme – c’est l’école du clientélisme qui a façonné toutes ces générations.

C’est l’école qui a tué tous les rêves et tous les espoirs. C’est l’école de la démission des masses, mais surtout celle des élites qui ont préféré servir  et bien servir les Tyrans plutôt que leur peuple.

 

Devant cette situation, une certaine frange de l’armée a « squatté » l’espace politique pour s’ériger en pouvoir, mettant fin au parti unique à une époque, monarchisant le monolithisme dans une autre époque, s’érigeant en sauveur dans une troisième.

 

Servir les Mauritaniens c’est non seulement les écouter mais aussi veiller à leurs droits, à leur dignité, à leur sécurité, à les assurer d’un toit et d’un revenu, à leur liberté, à leur propriété, à leur santé, à leur éducation, à leur statut dans le monde, à leur arabité, à leur africanité.

Mon objectif est de sortir le Mauritanien des ghettos de la pauvreté et des identités pour l’amener vers l’espace de  citoyenneté garanti par un Etat de droit.

Notre pays est devant plusieurs défis dont les plus importants sont :

-          L’éclatement devant le développement des idées identitaires

-          Les nouvelles lectures de l’Islam, très éloignées de nos pratiques millénaires léguées par la plus  grande épopée de l’histoire musulmane, celle des almoravides – pratiques entretenues par les ouléma du Chinguitt et du Fouta qui ont islamisé l’Afrique et mené des Jihad contre l’envahisseur colonial

-          L’immigration avec ses effets économiques, socio-culturels et politiques – qu’elle soit du Nord ou du Sud

-          L’instabilité régionale

-          L’aliénation culturelle et le dépérissement des valeurs.

-          La mondialisation et sa spécialisation verticale.

-          L’ère pétrolière.

-           La paupérisation des masses

-          Les pandémies « Paludisme, Sida… »

-          La désertification et les risques de pollution des fonds marins par l’exploitation Offshore du pétrole.

 

     Face à un tel constat, j’ai décidé de me présenter aux élections présidentielles pour mettre en œuvre un projet de société ambitieux qui s’articulera autour de quatre grands axes.

 

 

-         Les valeurs et la citoyenneté.

-         La société.

-         L’économie – Répartition des Revenus.

-         L’Etat et la Nation.

 

 

 

 

 

     Les valeurs et la citoyenneté

 

 

      Pour notre population foncièrement croyante, l’Islam a toujours représenté la vie dans notre communauté, à l’abri des influences, de la corruption de la cité, gardant sa pureté originelle. Notre peuple a été le premier missionnaire de l’Islam en Afrique, mission éternelle portée encore par nos marabouts et nos commerçants. L’Islam demeure le ciment de notre unité. Il est pour nous synonyme de science, de tolérance et de progrès.

 

 

 

 

Citoyenneté

 

        Fort des valeurs de l’Islam, L’homme mauritanien doit s’acquitter de ses devoirs et profiter de ses droits, pour être un citoyen à part entière.

 

 

       Le citoyen doit non seulement œuvrer pour l’unité du pays dans ses différences, mais il doit aussi livrer un combat permanent au service de la justice sociale fondée sur l’équité et l’égalité entre tous les Mauritaniens. L’égalité des chances devant les opportunités doit être offerte à tous après qu’ils aient été formés, éduqués, encadrés, soignés, protégés dans les mêmes conditions ; Tel est le rôle de l’Etat.

 

L’unité nationale garantie par la citoyenneté sera renforcée aussi par la solution définitive de tout passif légué par l’ancien régime, conformément à nos traditions de justice et de tolérance.

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Démocratie

 

      La démocratie doit être adaptée à l’environnement social et canaliser les ambitions du citoyen.

 

     La démocratie est un acquis dans notre pays garanti par la constitution, c’est le mode  de gouvernement qu’ont choisi les Mauritaniens dans leur majorité. Après 15ans d’expérience, je considère qu’il est nécessaire de faire des aménagements, afin que cet outil soit plus proche de nos mentalités.

     

 

       En effet, la démocratie pluraliste n’existe que quand les différences de visions s’expriment dans l’institution parlementaire. Il ne peut pas y avoir un pluralisme politique dans une assemblée nationale monocolore.

 

Des études seront menées pour la mise en place d’un système de scrutin  assurant  la meilleure représentativité à notre peuple.

 

 

 

    

Dans le cadre de la réforme de la constitution, que je propose, il sera mis l’accent sur :

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      La société

 

     Dans le cadre de l’organisation de la société, l’accent sera mis sur la famille, l’éducation, les cultures, le travail et l’environnement.

 

 

  

 

 

 

 Famille

 

   Pour endiguer les égoïsmes socialement suicidaires. Je considère que la cellule de base de la communauté, organe dynamique et constructeur, est la famille.

 

 

 

    Dans notre société, la femme reste l’axe principal de la cellule familiale, autour duquel s’organise le passage de relais entre les générations. Les femmes représentent 51,7% de la population mauritanienne.

 

 

   Vu leur rôle déterminant, la femme et l’enfant doivent représenter le premier objectif de la solidarité sociale. Toute politique économique viable doit se fixer comme premier objectif, le logement et le revenu permanent pour le bien être familial.

 

   Les mères abandonnées doivent faire l’objet d’une priorité de couverture sociale tout en établissant une modulation des priorités en fonction de l’âge et du nombre d’enfants.

 

 

  L’emploi des femmes doit faire l’objet d’une action volontaire dans le cadre d’une politique économique géographiquement bien répartie.

 

Un code de la famille sera élaboré pour veiller sur sa pérennité, éviter les divorces abusifs et protéger les enfants.

 

 

   Education et cultures

 

   De civilisation Islamique, la Mauritanie est un pays pluriculturel. Ce qui fait sa richesse.

 

 

   En effet, les cultures qui existent dans ce pays (Arabe, Pulaar, Soninké, Wolof) s’interpénètrent et se complètent. Facettes d’une même civilisation islamique, les cultures mauritaniennes enrichissent un patrimoine civilisattionnel commun, qui fait la différence entre un Arabe Mauritanien et un Arabe Marocain, entre un Poulaar ou un Soninké ou un Wolof Sénégalais, Malien ou Guinéen.

 

       Je me fais le défenseur du renforcement de la dynamique d’interpénétration culturelle, garante du renforcement de notre unité nationale.

 

      J’œuvrerai pour l’unification des modes d’enseignement sur le territoire national.

 

      Sans complexe, une langue étrangère, doit être maintenue et renforcée comme un outil d’ouverture et d’accès aux grandes technologies. En conséquence l’école sera bilingue dans le primaire.

 

       Pour une meilleure cohésion sociale au sein des nouvelles générations, un retour aux internats doit être envisagé dans nos établissements.

 

L’éducation, la connaissance quelle procure, doivent garantir le travail. Ce qui nous oblige à remodeler l’école mauritanienne du primaire à l’université en fonction de la dynamique et des perspectives de notre économie nationale.

 

 

  Travail

 

   Le droit au travail doit être considéré comme un doit fondamental garanti par la société au citoyen mauritanien.

 

L’Etat doit s’organiser afin de créer les opportunités d’emploi nécessaires aux individus ayant atteint l’âge de travailler. Pour cela une croissance permettant l’absorption des demandeurs d’emploi doit être maintenue au niveau de l’économie nationale.

 

Dans la phase actuelle, un effort de croissance de l’économie, largement supérieure à la croissance démographique doit être maintenu pendant 10 ans pour absorber l’ensemble de la population active non employée. Cet effort passe obligatoirement par la formation afin de pouvoir insérer socialement les non actifs dont la majorité ne peut être considérée en chômage. En effet, pour être chômeur, sur le marché de l’emploi, il faut être offreur d’un savoir faire.

 

 

 

 

 

 

IMMIGRATION

Devant les défis pétroliers, et ceux de notre faible population, le gouvernement établira un politique d’immigration respectant nos engagements internationaux mais protégeant notre société. Les axes principaux de cette politique porteront sur :

 

 

 

 

 

 

 

 

L’économie

 

 

 

Fondement économique de notre programme

 

 

Si l’économie de marché reste l’axe fondamental de notre option, le libéralisme pratiqué dans notre pays jusqu’à présent nous semble anachronique, sans âme, sans réelle volonté politique pour que l’Etat puisse apporter les correctifs nécessaires en faveur des plus faibles.

 

 

En effet le libéralisme pratiqué chez nous a favorisé :

-          le transfert du monopole de l’Etat vers le privé.

-          la concentration excessive et privative du revenu national creusant encore plus le fossé entre riches et pauvres.

 

 

Les privatisations sont alors apparues ainsi comme un élément moteur d’une double paupérisation, non seulement en enrichissant les riches mais aussi en augmentant le chômage dans un premier temps par la déflation des employés dans les entreprises privatisées.

 

 

La non application de la loi sur la concurrence, l’absence d’encadrement de la stratégie libérale, la pression politique et clientéliste de l’organisation de certains syndicats de patrons, la démission de la banque centrale quant à l’encadrement du crédit, du contrôle des banques primaires et la fragilité générale de l’économie nationale, tous ces éléments, en faussant les objectifs des privatisations renforcent la concentration des richesses nationales aux mains de quelques uns et accélèrent le processus de paupérisation de larges masses

 

 

C’est pourquoi, et malgré une croissance soutenue ces dernières années, en l’absence d’augmentation substantielle des salaires, cette croissance n’a profité pour l’essentiel qu’à une partie très restreinte de rentiers.

 

 

Notre projet économique vise à réduire au mieux et le plus rapidement la pauvreté dans le pays et l’élargissement de la classe moyenne.

 

C’est pourquoi nous croyons qu’en économie de marché à gestion saine l’Etat doit initier, orienter et encadrer la stratégie de développement économique.

 

 

 

 

 

Etat Encadreur

 

Le gouvernement est l’initiateur de la stratégie de développement de l’économie nationale. Il doit en fixer les objectifs.

 

La nécessité de l’élargissement régional de la base des investissements rend incontournable la mise en place d’une banque nationale populaire dont le conseil d’administration et les conseils de crédit sont régionalisés, ce qui permet de mieux encadrer les investissements régionaux.

 

 

L’équité fiscale doit permettre de relancer notre économie en favorisant :

 

-          Les petits producteurs

-          Les activités créatrices d’emploi

-          La solidarité sociale

-          Les régions les plus défavorisées

 

 

 

Le taux d’intérêt, levier essentiel de la politique d’épargne et d’investissement doit être géré en fonction des besoins de l’économie dans sa globalité et des stratégies sectorielles définies par le gouvernement.

Les systèmes islamiques de gestion de crédit seront encouragés afin de mieux adapter les pratiques bancaires à nos réalités sociales.

 

L’équilibre budgétaire qui était une nécessité ne doit pas être un déflateur de l’investissement public ou de la création d’emplois.

 

 

Le budget, unique moyen financier de l’Etat, doit servir la solidarité sociale. L’Etat doit assurer une couverture sociale au profit des démunis et ce, en particulier pour les femmes abandonnées, les enfants et les vieillards.

 

La couverture sociale du citoyen mauritanien démuni est le seul garant à terme de l’effritement du comportement tribaliste. En effet, la tribu reste aujourd’hui la seule garantie en matière de solidarité sociale.

 

 

 

Si l’esclavage a été juridiquement aboli, il n’en reste pas moins que ses séquelles sont uniquement d’ordre économique. Pour passer de l’état social de propriété à l’état social d’homme libre ; il faut obligatoirement que l’ancien esclave soit propriétaire. Une politique sociale soutenue dans le temps doit être menée dans ces zones pour permettre l’accession des anciens esclaves à la propriété et leur autonomie économique. Il faut qu’ils deviennent des citoyens à part entière pouvant contracter des dettes et possédant un patrimoine.

 

 

 

Emploi

 

Une meilleure répartition du revenu national passe obligatoirement par une politique conséquente de l’emploi en Mauritanie. Elle doit être l’objectif primordial dans toute action économique soutenue par une volonté politique claire. Dans sa situation actuelle, le gouvernement doit veiller à une politique économique de forte croissance permettant la résorption du chômage. Cette politique passe obligatoirement par la formation et l’accélération, l’augmentation et la décentralisation des investissements.

 

Par la fiscalité, par la modulation des taux d’intérêt, des facilités administratives et des objectifs budgétaires productifs, l’Etat doit favoriser la création d’emplois. Au-delà de l’objectif d’enrayer le chômage.  

 

 

La gestion économique passera par une bonne gouvernance dont l’objectif est d’optimaliser la production des biens et des services, tout en veillant à rationaliser l’exploitation de nos ressources.

L’Etat sortira de son statut de démissionnaire pour entrer dans celui d’initiateur, d’encadreur, de régulateur, de formateur, de prestataire, de facilitateur, de bailleur de fonds parfois et de planificateur de grands objectifs. Il doit veiller à la performance de plusieurs indicateurs : Le niveau de l’emploi, l’harmonisation de la formation avec les besoins du marché du travail, le pouvoir d’achat, la répartition du revenu, la répartition du crédit à l’économie.

L’Etat dispose d’un ensemble de leviers qui lui permettent de jouer pleinement son rôle de régulateur et d’accélérateur de l’économie : le taux d’intérêt, la fiscalité, la politique monétaire avec la discrimination spatiale et sectorielle du crédit,  le taux de change, le financement des infrastructures, le code des investissements, les services administratifs, la régionalisation, etc.…

 

 

 

1er Objectif : La répartition des revenus

 

 

    La concentration des revenus a été la conséquence d’une politique de paupérisation quasiment programmée. L’inflation, les dévaluations successives, la baisse en terme réel des salaires, le désengagement de l’Etat, le détournement de la politique de crédit par la démission de la BCM vis-à-vis du secteur bancaire, l’augmentation de la population, l’urbanisation sauvage, la destruction des automatismes des solidarités traditionnelles, l’absence de création d’emplois, la baisse du secteur rural dans le revenu national, la dépendance croissante de l’importation, entre autres, tous ces éléments ont contribué à retarder la naissance d’une classe moyenne – permettant l’élargissement de la base des revenus. Il n’y a qu’une poignée de riches et une masse de pauvres. En 20 ans, il y a eu un véritable transfert de revenus au profit d’une minorité n’excédant pas 3٪ de la population.

Cette situation a été constatée par le régime déchu à telle enseigne que fut  lancé un programme de lutte contre la pauvreté dicté par l’urgence et sous la pression de la banque Mondiale.

A nos yeux, cette action louable, ne peut en aucun cas se substituer à une vraie politique de répartition des revenus.

La lutte contre la pauvreté dont l’objectif est de crever les poches de pauvreté, relève de la solidarité sociale. Elle ne peut en aucun cas être le moteur d’une politique économique de répartition équitable des revenus d’autant qu’elle a été utilisée comme outil au service du clientélisme politique et de mobilisation pour le parti - Etat.

 

 

La répartition  équitable des revenus, c’est faire profiter toute la population des fruits de la croissance et de la richesse dont dispose le pays.

Une répartition équitable des revenus ne peut reposer que sur une politique économique axée sur la création d’emplois, l’universalité des services sociaux et la sécurité sociale.

 

-          Création d’emplois

 

Notre politique se fixera comme objectif de créer 300 000 emplois en 4 ans et de créer les conditions d’absorbation de 45 000 Emplois par an à partir de la cinquième année.

Cette action doit permettre d’approcher le plein Emploi en 12 ans.

Les emplois seront crées dans les secteurs porteurs : mines, pétrole, industrie et pêche, agriculture, l’élevage, les BTP et la décentralisation régionale.

-          L’accès aux services sociaux sera assuré sans discrimination en particulier pour l’enseignement  et la santé. L’enseignement et ses prestations sanitaires gratuits pour tous. Tous les médicaments seront subventionnés de façon discriminatoire en les divisant en 5 catégories. Les médicaments relatifs à certaines grandes pandémies seront supportés par l’Etat ( Sida, Paludisme, Tuberculose…)

Les études seront gratuites et les élèves auront une bourse de 3000 UM ; les deux dernières années du secondaire (2 années sans redoublement) ou le droit de prise en charge dans un internat.

Les étudiants disposeront d’une bourse de 12 000 UM (Deug) et de 15 000 UM après le DEUG. Pour le troisième cycle ; la bourse augmentera de 20٪

Chaque 4 ans, les bourses universitaires sont reconsidérées sur la base de l’inflation.

Pour la gestion des œuvres universitaires, un organisme sera crée, il sera dirigé par un conseil composé de 40٪ d’étudiants ; de 40٪ de professeurs et de 20٪ de l’administration.

Pour l’enseignement privé, un conseil de surveillance sera crée pour le suivi des programmes et du déroulement des études.

 

-          Sécurité sociale pour tous

Pour que le sécurité sociale joue pleinement son rôle, les Mauritaniens adultes doivent disposer d’un N° de sécurité sociale qu’ils soient contribuables ou assistés – ce qui permet non seulement une meilleure gestion des assistés, mais aussi de suivre l’évolution du marché du travail.

Le rôle de cette sécurité à plusieurs opérateurs est de couvrir les non salariés :

-          Les retraités doivent profiter d’une retraite mensuelle égale au moins au SMIG pour les plus petites, les plus importantes seront plafonnées.

-          Les chômeurs, disposeront soit du SMIG ; pour ce qui n’ont pas encore travaillé, les autres auront 40٪ de leur dernier salaire sans tomber en dessous du SMIG. Cette allocation ne peut excéder trois mois.  Elle ne peut être octroyée aux démissionnaires et aux cadres supérieurs ayant déjà exercés.

-          Une allocation de 2500 UM/enfant est octroyée aux mères divorcées à partir du troisième enfant  jusqu’au sixième.

-          Un fond d’appui aux veuves et orphelins sera crée. Il sera financé par une allocation de l’Etat et par les dons et legs contre parties, licences de certains métiers.

-          Les handicapés incapables d’être insérés dans les secteurs productifs jouiront d’une allocation d’autonomie.

-          Les personnes âgées abandonnées seront recensées et assistées tout en favorisant le regroupement dans des centres ou le placement auprès de famille.

La couverture sociale de tous ces pans de la société créera à terme une dynamique de détribalisation, favorisant l’émergence d’un citoyen attaché à l’Etat, à la nation.

C’est l’expression d’une solidarité supérieure et anonyme faite de dignité.

 

 

-          Pouvoir d’Achat

 

La répartition passe par un suivi et un appui au pouvoir d’achat. Pour ces raisons trois actions seront menées simultanément :

-          La définition d’un panier réaliste de la ménagère. C'est-à-dire un suivi de l’inflation par l’établissement d’une structure de formation des prix, une organisation et un encadrement du circuit de distribution. L’inflation interne sera maîtrisée par une régulation de l’offre. L’inflation importée sera gérée par un bon système de ravitaillement, une bonne politique monétaire et une lutte sans merci contre la spéculation.

-          La défiscalisation des produits de première nécessité non produits sur place ( Riz, huile, céréales, sucre…)  importés et le soutien des produits nationaux. Les intrants agricoles et ceux de l’élevage seront soutenus à certaines périodes de l’année. La SONIMEX et le CSA retrouveront un rôle de régulateur et de lutte contre la spéculation.

-          Le pétrole contribuera à une meilleure répartition et à un soutien du pouvoir d’achat par la baisse des coûts énergétiques et des coûts de transport (défiscalisation et uniformisation du prix des hydrocarbures sur tout le territoire National).

-          La mise sur pied d’une politique régionalisée de logement et de lutte contre l’urbanisation sauvage à caractère tribale.

-          Une politique de mise à niveau soutenue pendant 10 ans dans les Adwaba. Cette politique d’émancipation a pour objet de créer des revenus autonomes brisant tout lien de dépendance.

-          L’indexation des salaires sur le taux de croissance moyen en tenant compte du taux de croissance démographique afin que cela soit une augmentation réelle. Pour réussir ces objectifs sociaux d’une répartition équitable des revenus, la politique sectorielle doit pouvoir soutenir l’ensemble de ces actions.

 

 

 

 

 

- La Politique Sectorielle

 

Seule une coordination du développement sectoriel peut permettre une harmonisation de la dynamique économique.

 

• Le Secteur Pétrolier

 

Le pétrole sera pour les 20 prochaines années la locomotive de l’économie du pays. Pour qu’il joue ce rôle, faudrait-il avoir une politique harmonieuse qui crée les passerelles entre ce secteur et le reste de l’économie nationale?

Ayant débuté de façon anarchique, l’Audit de l’existant parait être une nécessité afin d’harmoniser l’exploitation et d’optimaliser la gestion rationnelle de ce secteur.

C’est dans cet esprit que nous nous proposons de placer le Pétrole au centre de notre action sur l’économie.

 

Les recettes pétrolières ne sont pas un objectif en soi et ne suffisent pas pour faire jouer à ce secteur  un rôle de locomotive – à elles seules elles sont dangereusement inflationnistes donc paupérisantes et destructrices du tissu productif au profit des produits importés.

Il faut absolument créer des passerelles avec les autres secteurs – cette politique pétrolière passe par :

-          La transformation sur place, ce qui multiplie nos recettes par 5,6 ; car le coût du pétrole brut ne représente que 16% du coût du produit fini.

Pour cela une raffinerie au moins est nécessaire en tenant compte des données actuelles car seules les raffineries traitant plus de 30 000 barils sont rentables. Les parts revenant à l’Etat seront cédés en priorité aux raffineries locales au prix du marché international. L’existence de raffineries locales permet :

-          Le ravitaillement du marché local à un prix discriminatoire favorisant la baisse des coûts pour l’industrie, l’agriculture et le transport. Cette indépendance énergétique donne un levier important à l’Etat pour favoriser notre industrie et sert d’appât aux investisseurs dans les secteurs consommateurs d’énergie.

 

Le raffinage nous permettra d’approvisionner les marchés de certains pays enclavés.

La baisse du coût de l’energie due au raffinage est l’une des origines des fluctuations des prix, ce qui rend beaucoup d’investisseurs disposés à financer entièrement les raffineries sans endetter le pays et sans engager ses moyens qui peuvent lui servir dans d’autres domaines.

 

• La liquéfaction du gaz

 

La transformation du gaz doit être une priorité, car le gaz peut nous permettre une meilleure industrialisation et aider à résoudre certains grands problèmes d’environnement. 

L’industrie gazière doit nous permettre en particulier de produire l’électricité la moins chère sur le marché. Cette électricité permettra le ravitaillement et favorisera les industries, en particulier celles grandes consommatrices d’énergie – ce qui permettra une certaine délocalisation au profit de notre pays, créant ainsi de nouveaux emplois.

L’excèdent d’électricité sera exporté vers les pays voisins.

Les sous produits de gaz seront exportés et  la butane contribuera à endiguer la déforestation.

Le gaz devra servir à terme à contribuer à la transformation sur place de certains minerais en particulier le fer.

  

 

 

• Les recettes Pétrolières

 

 Les recettes Pétrolières et gazières doivent servir, à titre indicatif, en priorité pour 40% à la création d’infrastructures dignes d’un pays moderne, 20% au développement régionale et sectoriel ( Elevage, Agriculture, Industrie, Pêche, Pétrole et Mines), 20% au développement social, 10% aux générations futures et 10% au développement à la base, lutte contre la pauvreté et financement des ONG.

Les clefs de répartition seront déterminées annuellement dans le budget pour donner une souplesse de régulation au gouvernement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Mines  

 

Les indices miniers sont probants, mais la politique en la matière a été très opaque, depuis l’épopée du cuivre et des terres rares, jusqu’à celle de l’or et du diamant. Un audit sera le bienvenu pour déterminer une politique transparente en la matière.

Pour pouvoir faire profiter le pays de ces richesses, le secteur de recherche doit être soutenu par son équipement, son renforcement humain et une dotation financière capable de lui permettre de réaliser des objectifs fixés annuellement dans le cadre d’un programme quinquennal glissant. La priorité doit être mise sur les zones  non explorées de l’Est et du Sud, tout en confirmant la faisabilité des découvertes dans le Nord.

La gestion rationnelle des ressources minières doit se donner pour Credo la protection de l’environnement.

Les évaluations des mines à exploiter doivent être pré déterminées pour définir un rythme de production.

L’Etat et l’exploitant doivent veiller à la diversification des activités – dans les villes minières pour éviter leur disparition après l’exploitation des mines – Un fonds de diversification doit être crée et financé par les sociétés minières.

 

Pour harmoniser la politique de ce secteur, un Conseil National des Mines sera crée pour réguler l’activité.

 

Pour chaque type de minerai, l’Etat veillera à ce que la transformation sur place d’une partie de la production soit programmée ; si elle s’avère fiable pour optimiser la valeur ajoutée. Seule la faisabilité économique commandera ce genre d’option.

La SNIM sera auditée pour déterminer son impact économique et social sur l’économie nationale. L’Etat veillera à ce que sa diversification ne se fasse que dans son champ d’activité minière ou en amont ou en aval de celle-ci. Elle sera délestée des activités de tourisme et BTP pour se concentrer  sur la pellilisation ou l’aciérie.

Les recettes minières doivent permettre le développement de la recherche, et pour 10% favoriser la mise en place d’un fond de diversification des activités.

Une attention particulière sera portée sur l’or et surtout sur le diamant qui peut être exporté frauduleusement.

La gestion des carrières sera soumise à un cahier des charges imposant un respect de normes écologiques et l’exploitation du cordon dunaire maritime sera strictement interdite.

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Industrie

 

L’industrie de substitution à l’import et les autres PMI ; croulent sous le coût des intrants, en particulier énergétique.

L’Etat établira avec chaque unité un contrat de relance et de mise à niveau ; avec un programme de productivité (Plan financier, programme de production), il veillera à assurer à notre industrie naissante une protection raisonnable qui tient des normes qualité et sécurité.

Dans le cadre de la politique du crédit, un rééchelonnement sera étudié cas par cas et une bonification des intérêts sera envisagée  en tenant compte d’une discrimination spatiale pour encourager l’investissement à l’intérieur et dans les régions jusqu’ici négligées.

 

Les industries d’exportation jouiront d’un régime spécial où la bonification tiendra compte du rapport du chiffre d’affaires global avec le C.A. exporté et disposeront d’un vrai crédit à l’exportation.

Les intrants industriels jouiront d’un régime douanier généralisé favorable défini annuellement dans la loi des finances.

Le B I C sera réduit à 20% et les bénéfices encouragés à être réinvestis dans l’élargissement et  la modernisation des outils de production.

 

La Pêche

 

Ayant démarré sur de bonnes bases dés le début des années 80, le secteur de la pêche s’est essoufflé ; les différentes « réformettes » entreprises contribueront à le désarticuler de plus en plus.

Il est nécessaire de repenser ce secteur dans le cadre d’une politique rationnelle libérale, certes mais encadrée, régulée et planifiée :

-          Détermination des zones de pêche par l’aménagement du territoire maritime (Pêche, pétrole, transport, tourisme)

-          Spécialisation exclusive :Pêche côtière, pêche de fonds, pêche hauturière.

• La pêche côtière réservée au ravitaillement des usines à terre doit être spécifique à un artisanat qui doit se moderniser de part ses outils et ses techniques de pêche.    

      • La pêche de fonds doit subir une réforme radicale pour se débarrasser des congélateurs au profit des glaciers. La Palangre doit se substituer pour 70% au chalutage. C'est dire qu’on doit favoriser la pêche des démersaux et baisser la pression sur les céphalopodes. La pêche qui utilise les techniques Togatsubo doit être restreinte à un quota annuel.

      • La pêche Pélagique

Cette activité est particulièrement industrialisante et doit faire l’objet d’une attention particulière et d’un développement soutenu par l’Etat ; fiscalement et financièrement.  

Ce développement passe par un encouragement  de l’acquisition de cent senneurs sur 5 ans. Leur production sera traitée dans les usines à terre ou sur des bases flottantes.

Les congélateurs pélagiques doivent être limités à une soixantaine, en tenant compte du développement de la pêche à la senne.

 

 

      • La pêche continentale

Cette pêche doit être favorisée par une aquaculture soutenue par les autorités pour contribuer à la couverture alimentaire des populations de l’intérieur.

Les expériences doivent être menées pour introduire des espèces à chair (Ex : Tilapra et carpe) .

 

 

• La commercialisation dans le secteur de la pêche débarquement.

 

Ayant initié moi-même la nouvelle politique de pêche centrée :

 

-          La création d’un armement national

-          Le débarquement dans les ports Mauritaniens

-          La suppression des licences

-          Les investissements à terre

-          L’enseignement obligatoire des marins nationaux

-          La commercialisation

Je constate un tassement de l’activité.

Je reviendrai sur la réorganisation de ce secteur :

-          Spécialisation

-          Retour à une SMCP, garantissant les meilleurs prix.

 

 

Le système hybride actuel de commercialisation doit être reformé pour redonner à la SMCP son vrai rôle.

 

Des états généraux de la pêche doivent permettre de déterminer l’optimum dans ce domaine.

Ce secteur doit absorber en 5 ans 70 000 travailleurs directement.

Les pirogues affrétées doivent faire travailler 4 mauritaniens par unité (au lieu de 6 étrangers).

 

Les pélagiques doivent embarquer 30 mauritaniens au lieu de 16.

Les bateaux européens doivent embarquer 50% de marins dont 20% sont en position de formation ou de stage.

 

Les marins débarqués doivent recevoir une indemnité de 3 mois de salaire – ce qui ne manquera pas de stabiliser « l’embarquement/débarquement ».

La qualité de marin se perd après cinq ans sans embarquement.

 

 

L’Etat disponibilisera au moins 5 jetées (petits ports) sur la cote entre Nouakchott et Nouadhibou.

 

La surveillance sera une priorité, mais portera également sur les problèmes d’environnement. La Marine nationale disposera d’une cellule équipée spécialisée dans l’environnement maritime.

 

L’aménagement des cotes et certains bassins favorisera une pisciculture spécialisée.

 

La fiscalité et les droits seront allégés par l’exonération de certains intrants, et des droits à l’exportation.

 

En fonction du type de navires, les droits de pêche seront réduits pour les nationaux de 20 à 40%.

Le secteur profitera d’une réelle politique de Crédit.

 

 

 

 

 

 

L’Agriculture

 

L’autonomie alimentaire consiste à cultiver des produits dont la valeur financière couvre nos besoins. Ces produits doivent avoir la plus grande valeur marchande pour assurer nos besoins alimentaires. Les surfaces dont nous disposons doivent être réservées à des spéculations pouvant générer la contre valeur de nos besoins.

Si nous ne sommes pas concurrentiels dans la production du riz par exemple, ce serait un gaspillage de le produire.

 

C’est pour ces raisons économiques, que nous devons favoriser et soutenir une diversification et un développement des produits exportables dans les zones irriguées.

Par contre ; nous devons relancer dans les zones de décrues et les zones pluviales ; les spéculations traditionnelles (Mil, Sorgho, millet), tout en développant la recherche dans ce domaine.

 

Dans le domaine des exportations, en particulier vers l’Europe, le développement des produits bio peut contribuer à favoriser la rentabilité de notre production.

 

Le Crédit agricole sera entièrement reformé pour profiter aux petits et moyens agriculteurs et des groupements d’intérêt économique seront établis par village et par spécialité afin d’améliorer les coûts et la distribution.

 

La SONADER sera réformée pour devenir un assistant technique à la production et à la commercialisation.

 

Le Crédit sera décentralisé et un fonds d’assurance du crédit sera mis en place.

 

• Une réforme agraire sera mise en place pour corriger tous les arbitraires et respecter les droits des autochtones.

 

Trois zones seront déterminées :

 

• Zone d’exploitation villageoise

• Zone de développement villageois

• Zone locative à long terme, à distribuer par l’Etat.

La deuxième zone peut être locative à court et moyen terme.  Seule la 3eme zone, après attribution définitive sous forme de titre foncier peut être hypothéquée ou aliénée.

Les représentants des villages décident des aménagements et des locations. Les fonds récoltés doivent alimenter une caisse de crédit local (appui) sans intérêt géré par les GIE – une partie doit être versée à l’assurance pour les autres crédits.

 

 

 

 

L’Elevage

 

Ce secteur n’a pas été intégré à l’économie nationale malgré son importance pour les populations.

Il ne peut se développer, tant que son apport se limite à une demande de consommation finale.

Sans encadrement, il est à la merci de toutes les fluctuations pluviométriques.

 

Sans pouvoir renoncer à un élevage extensif, il faut envisager une politique d’intégration pour développer à terme un élevage semi intensif.

 

Sans viser à régionaliser l’élevage, il faut établir des zones de pâturage par une répartition rationnelle des points d’eau  et une politique de répartition spatiale des forages pour imposer aux nomades des circuits, ce qui allégerait la pression écologique et endiguerait la désertification.

 

C’est dans cet esprit que l’eau et les ressources animales doivent dépendre d’un même département ministériel.

 

L’intégration de l’élevage dans l’économie passe par le changement de la nature de la demande de ses sous produits.

 

La demande pour une consommation finale doit céder la place progressivement à une demande industrielle pour une consommation intermédiaire. Pour cela, l’Etat favorisera la création d’abattoirs modernes dans les deux Hodhs et l’Assaba ; des manufactures de traitements des sous-produits : peaux, os, cornes, sabots, lait, beurre.

Des unités d’engraissage seraient établies sous forme de fermes d’embouche, auprès des zones d’abattage.

 

Une politique d’exportation de viande sera élaborée sous les labels Hallal – Bio.

 

Le développement de ces industries permettra de valoriser les produits d’élevage et de réguler l’offre.

 

 

L’industrie dans ce secteur vital sera défiscalisée avec l’établissement d’un taux unique de BIC à 5%.

La baisse des prix des hydrocarbures et des énergies favorisera l’installation de ces industries.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les services

 

 

Le Commerce

 

Ce secteur emploie de façon quasi-informelle des dizaines de milliers de Mauritaniens.

 

Désormais toute boutique doit disposer d’une patente numérotée ( détaillant, grossiste, semi-grossiste). Seuls des Mauritaniens ou des sociétés de droit Mauritanien exerceront ce métier. Les gérants doivent sur la base des patentes être déclarés à la sécurité sociale. Une certaine spécialisation sera encouragée.

Un conseil de concurrence, une inspection de qualité, poids et mesures, seront mis en place tout en favorisant par zone ; les organisations des consommateurs et en leur donnant un statut d’assistant aux administrations citées.

Certains prix, tels ceux des hydrocarbures seront uniformisés au niveau national.

Le temps de travail dans le commerce sera réglementé pour éviter toute concurrence déloyale et diminuer les coûts sociaux de cette activité.

- Assurer la sécurité par un système de gardiennage obligatoire.

 

- Les souks

 

Les souks sur les frontières et dans les régions seront organisés avec le concours des municipalités pour les institutionnaliser et améliorer leur efficacité.